13 mai 2018

HAIRY GUY

Chez l'homme, le refus de la pilosité serait lié à la notion d'animalité que renverrait les poils ?


« J’ai du mal avec cette notion d’animalité que renverraient les poils. C’est juste une méconnaissance totale de l’utilité des poils qui faisait penser aux Anciens qu’ils s’affranchissaient de l’animal en s’enlevant les poils et surtout ceux des femmes. La réalité est bien plus sordide : ce n’est qu’une manifestation de la répression sexuelle subie par les femmes, empêchées d’afficher des signes de maturité sexuelle. J’en veux pour preuve l’absence de fente vulvaire, une excision symbolique, en qq sorte. Le sexologue Gérard Zwang disait ceci dans son livre « le sexe de la femme », paru en 1979. 
«Dans un chapitre particulièrement odieux du livre qu’il a eu le front d’appeler L’Erotisme, Bataille explicite la joie sadique qu’éprouvent ceux qui lui ressemblent à dénuder, dévoiler les parties pileuses de la femme et à lui faire honte de cette animale pilosité. Animale… si l’on veut, car si Bataille n’avait pas été un parfait ignorant en zoologie (comme en paléontologie) il aurait su que la vulve des quadrupèdes et même des anthropoïdes est glabre. Le poil vénusien et vulvaire est un ornement spécifiquement humain, spécifiquement féminin.» En 1986, Marc-Alain Descamps parlait dans son livre «L’invention du corps» du rejet de « l’animalité » comme une des causes de l’épilation. 
«Par opposition à l’animal. Malgré ce qu’en dit Desmond Morris, I’homme n’est pas du tout un singe nu ; il a des poils partout, sauf sur la paume des mains et la plante des pieds. Mais il cherche à effacer l’ignominie de son passé animal, et encore plus la femme. Il est notable qu’à l’instar des animaux, on puisse utiliser le terme de mâle pour l’homme (ce qui le flatte), mais pas de femelle pour la femme (ce qui la blesse mortellement). Les poils qui évoquent le plus l’animal sont ceux du pubis, puisqu’on parle de toison pubienne. Et il faut bien noter que cela a été gommé durant toute notre civilisation. Depuis les Grecs, les hommes ont toujours aimé représenter le corps de la femme en peinture ou en sculpture, mais jamais ils ne l’ont représenté telle qu’elle est en vérité avec sa toison pubienne. Il y a eu une censure universelle et unanime. Et l’humanité s’est donc inventé un modèle idéal de la femme, complètement irréel. Le plus curieux est que cette toison pubienne qui lui fait si horreur, car elle évoque l’animal, n’existe chez aucune espèce animale. Personne ne semble jusqu’à maintenant avoir fait la remarque que les animaux ont des poils partout, sauf justement là où en a l’homme. Les poils humains ne sont donc pas des vestiges de la toison animale, mais des productions plus récentes. Les animaux ont des poils sur la tête, sur le dos, le long de la colonne vertébrale, sur les pattes parfois. Mais jamais ils n’ont de poils au pubis, au périnée, aux aisselles ou sur les seins, même pas une seule espèce de singes, qui sont pourtant les plus proches de l’homme. Au contraire des animaux, les poils humains semblent n’avoir aucun rôle protecteur. Ils apparaissent dans les creux et les zones de transpiration, et semblent avoir pour seul rôle de retenir et d’amplifier les odeurs sexuelles. De même, on tient les poils pour frustes, sauvages, négligés, mais curieusement, c’est l’homme blanc qui est poilu comme un singe (à l’inverse plus exactement), pas l’homme noir ou jaune qui est presque entièrement glabre. Et précisément tous les Blancs, même les Aborigènes australiens ou les Ainous des îles japonaises. Personne ne peut dire encore pourquoi.» 
C’est encore plus détaillé sur mon site : http://pgriffet.voila.net#animal 
Ce qui est surprenant, c’est que certains animaux ont des poils sur la tête mais aucune femme ne s’enlève les cheveux pour se distancier de cette animalité ! Pourtant, selon les dermatos, les cheveux sont des poils. Alors pourquoi cette distinction ? Parce que les cheveux sont présents à la naissance alors que les poils sexuels sont liés à la puberté. Et les hommes ont toujours été les seuls à pouvoir revendiquer des envies et du désir sexuels. La langue française est subtile car elle distingue poil et cheveu. Mais dans les langues anglo-saxonnes, le mot est le même : haar en flamand et allemand, hair en anglais, etc. Les Anglophones spécifient d’ailleurs « body hair » (poil du corps) ou « head hair » (poil sur la tête) pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, cela prouve que les cheveux sont bien des poils. L’opprobre des hommes aurait pu s’abattre sur les cheveux des femmes, elles auraient alors toutes le crâne rasé. C’est tombé sur les poils sexuels mais les raisons historiques de cette pilophobie sont méconnues par une majorité de gens. »

1 commentaire:

  1. Très bon article, bonne analyse. A bas les rasoirs, vive les poils !!!
    J'aime les pubis poilus, chez l'homme ou la femme, même les poils sous les bras ne me gène pas. La seul partie que je rase des fois c'est les couilles pour pas me pincer les poils avec les ballstretching.

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