27 déc. 2015

YANN BARTHES NEWS (58) : SPECIALE MARTIN WEILL, LE GLOBE-REPORTER DU PJ

Martin Weill à l'honneur dans "L'envoyé spécial du Petit Journal" sur Canal+. Sous la surveillance de Yann Barthès :

Depuis plus de deux ans, Martin Weill est l’envoyé spécial du PETIT JOURNAL. Pour couvrir l’actualité du monde, il s’est rendu dans 80 endroits du globe, a parcouru 553 803 kilomètres, équivalent à 14 fois le tour du monde, et a passé près de 812 heures et 55 minutes en avion, soit 33 jours dans les airs ! Accompagné de ses acolytes journalistes reporters, Felix Seger, Clément Brelet ou Arnaud Bouju, Martin a tourné des centaines de reportages et a notamment recueilli les témoignages de dizaines de jeunes du monde : Zain, le syrien en migration vers l’Allemagne, Fatemeh, la chanteuse de métal iranienne, Pablinho, le jeune brésilien et beaucoup d’autres... Que sont-ils devenus ? Ont-ils changés?
Voilà l'une des meilleures émissions du Petit Journal, je l'ai vue et revue au moins dix fois :

  



De Rio à Moscou, d'Espagne en Irak, l'envoyé spécial permanent du “Petit journal” est un pro du selfie ¬vidéo. Quitte à en faire un peu trop… 
Cela fait plus d'un an que Tintin veille. On le regarde quasiment chaque soir, sur Canal+, comme on prendrait des nouvelles de son fils dont l'avion pour Ibiza aurait été détour¬né vers Bagdad. Curieusement, il est toujours là, indemne, avec ses joues d'ado et son gros micro rouge, siglé Petit journal, qu'il balade comme un nez de clown à la surface du monde. Sur le papier, ce type-là a le meilleur job de la terre. Voyager où ça lui chante, faire le tour du globe et raconter dans l'émission de Yann Barthès ce qu'il voit, de Moscou à Rio en passant par Tripoli ou Bangkok. Du journalisme de terrain, libre et subjectif : envoyé spécial permanent, presque une utopie en pleine crise de la presse ! 

Alors pourquoi restons-nous dubitatif ? Pour une pastille réussie (sur les jeunes anti-¬avortement en Espagne, la montée de la xénophobie en Grèce, le désastre écolo des JO des Sotchi, etc.), de nombreux reportages donnent l'impression de voir un simple baroudeur du Lonely Planet un peu égaré dans une zone de conflit, se renseignant auprès des passants pour ¬savoir ce qui se passe. 

Aux obsèques de Mandela, traquant Bill ¬Clinton ou Barack Obama, le jeune ¬reporter ressemblait à un chasseur d'autographes. A Fer¬guson, Etats-Unis, après les émeutes de l'été, il tendait naïvement le micro – « Que pensez-vous du racisme ? » – à qui voulait bien dire trois mots. La ¬semaine suivante, il se rattrapait en ¬bivouaquant, non sans bravoure, à la frontière de l'Etat islamique en Irak et au Levant. 
A l'arrivée, on ne sait jamais précisément à qui s'adresse sa chronique – les ados ? les trentenaires ? Est-ce un rattrapage d'actu pour les nuls ? Du gonzo reportage grand public ? A l'image du Petit journal, Martin Weill n'est jamais aussi pertinent que lorsqu'il traite ¬l'info de façon oblique, privilégiant le hors-champ ; on le suit volontiers dès qu'il s'écarte d'un voyage officiel, croise des personnages secondaires et trace sa propre route ; moins lorsqu'il court après les autres médias dans la fournaise de l'actualité. La cadence d'une chronique par jour est-elle vraiment tenable ? 
De prime abord, on peut penser qu'il renouvelle l'exercice en montrant sa bouille sur chaque plan – un côté « tête brûlée » sympa qui raconte le monde autrement, au cœur de l'action. Or… c'est justement un tic qui se ¬répand partout, notamment sur les chaînes d'info, qui multiplient les ¬plateaux de situation et les duplex, ¬réclamant de l'incarnation à tout prix, avec des journalistes omniprésents à l'image, comme dans un long selfie ¬vidéo (dans le même registre, on s'agace un peu des télégéniques dread¬locks d'Olivier Delacroix sur France 2). 
A la longue, cette duplexophilie et cette mise en scène de soi fatiguent, de même que nous lasse ce rituel absurde des journalistes « politiques » de BFM TV, sommés d'aller lire leur billet devant la porte de l'Elysée plutôt qu'en studio, pour « faire plus vrai ». Il ne suffit pas d'afficher sa trombine pour être crédible. L'important, c'est moins le visage qu'on montre que le regard qu'on porte. Le nôtre reste ouvert sur les péripéties de notre Tintin worldwide, qu'on suit de loin, avec bienveil¬lance, en lui souhaitant d'aller sur des terrains moins dangereux, tout en ¬prenant plus de risques. 
Martin Weill en quelques dates 
1987 Naissance à Paris. 
2008 Université de Cardiff et Institut d'études politiques de Bordeaux. 
2012 Diplômé de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille. 
2013 Globe-trotteur pour Le petit journal (Canal+).
Source : télérama

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire